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LEPROUX
Alexis
Un
discours de Sagesse (Sg 7--8)
(Mod.:
Prof. Maurice GILBERT).
Le
discours du Sage en Sg 7–8, mieux connu par l’une de
ses parties, l’éloge de la Sagesse, recèle un
trésor de jeux littéraires et d’ambivalences
verbales. Les allusions à l’univers culturel des écoles
de rhétorique qui feront la gloire de la Seconde Sophistique
et la grandeur des Pères de l’Église, aussi
nombreuses qu’il y a de mots pour le dire, obligent donc le
lecteur à prêter l’oreille aux Muses qui, n’interrompant
jamais leur hymne à la gloire des dieux et des hommes, hantent
la mémoire collective d’une époque. La vigueur
de l’expression, l’audace des images, l’ampleur
du dialogue établi entre la descendance héroïque
d’Homère et la sainte postérité de Moïse,
le vis-à-vis du Sage et de la Sagesse, tout concourt à
faire de ce discours une épiphanie de l’homme, de l’homme
mortel et du maître éloquent, de l’amant de la
Sagesse et du seigneur dont la force est le signe même de
son immortalité espérée.
Certes,
l’empreinte de la Sagesse est au centre du discours, mais
la vie du Sage en marque plus fortement les contours. Car s’il
faut louer Celle qui inaugure toutes choses, il ne faut pas moins
louer Celui qui l’a choisie. Et l’éloge serait
bien futile s’il n’était chargé de cette
visée sublime, me persuader de demander la Sagesse, me presser
de devenir un Sage. L’enjeu ne se réduit donc pas à
une simple question de mots, à moins que les mots ne soient
précisément le lieu d’une décision. Il
conviendra donc de ne pas s’étonner de découvrir
un homme façonné par le souffle oratoire de son éducation,
un homme guidant les rois sur le chemin de la paix et de la joie.
La
leçon est claire. Le discours de Sagesse n’est pas
un souffle égaré au gré des vents, vanité
évanescente sans autre portée que celle de montrer
une fois encore la vanité de toute chose. Non, le discours,
en sa structure précise, en son architecture secrète,
en son déploiement méthodique, qui conduit des qualités
natives à la gloire future, par le truchement de l’éducation
et de l’amitié, reçoit ses lettres de noblesse.
La surprise de découvrir un tel livre rangé dans une
lignée d’orateurs qui parleraient pour ne rien dire
cède ainsi la place au désir d’entendre une
nouvelle fois cette joute oratoire pour reconnaître, dans
la descendance davidique, l’heureuse alternative au destin
oedipien.
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