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DISSERTAZIONI DI DOTTORATO
2017-2018

NYEKUMBO Dangbe Hyacinthe Du droit à la charité. Analyse exégétique de 1 Co 8
Mod.: R.P. Juan Manuel Granados Rojas, S.J.

1 Co 8 est généralement interprété comme un texte qui traite de la médiation de Paul dans un conflit entre les forts et les faibles. La pomme de discorde entre ces deux factions serait la question de la consommation de la viande offerte aux idoles. Cette interprétation soulève trois questions exégétiques très débattues à nos jours et dont nous nous sommes occupé dans ce travail : a) l’existence des factions en conflit à Corinthe ; b) l’unité rhétorique de 1 Corinthiens comme un texte construit autour de la seule propositio énoncée en 1 Co 1, 10 ; c) le lien entre les chapitres 8 et 9, car un nombre non négligeable d’auteurs considèrent 1 Co 9 comme une apologie qui se détache nettement de 1 Co 8.

Face aux apories qui ont émergé de diverses tentatives de reconstruire la situation historique qui aurait présidé à l’avènement de 1 Corinthiens, nous avons opté pour l’approche rhétorique de ce texte. Nos investigations ont conduit aux conclusions suivantes : A) La section 1 Co 8, 1 – 11, 1 ne dépend pas de 1 Co 1, 10. Elle est construite autour de sa propositio propre: ἡ δὲ γνῶσις φυσιοῖ, ἡ δὲ ἀγάπη οἰκοδομεῖ (8, 1bc). Il ne traite pas d’un conflit entre deux factions. Paul confronte deux types d’éthiques : l’éthique séculière fondée sur le principe de la raison (γνῶσις) et celle chrétienne enracinée dans la vertu de l’ἀγάπη. Il évoque certains principes de la morale stoïcienne (8, 7-8) pour montrer leur disfonctionnement dans le contexte chrétien. Dans son argumentation, Paul renverse certains principes de la morale stoïcienne. Si dans le stoïcisme le faible devait imiter le sage, dans la morale chrétienne, c’est le sage chrétien qui est appelé à tenir compte du salut du frère faible dans sa conduite. L’invitation au renoncement au droit lancée aux Corinthiens dans cette exhortation est motivée par la pratique de la charité envers le frère faible et par la fuite de l’idolâtrie. B)  Si l’unité littéraire de 1 Corinthiens peut être acceptée – c’est-à-dire en tant qu’une lettre qui a une introduction, un corps et une conclusion –, son unité rhétorique n’est pas évidente. Le fait que la section 8, 1 – 11, 1 ait sa propre propositio remet en question l’hypothèse de son unité rhétorique. C) Enfin, quant au lien entre les chapitres 8 et 9, 1 Co 9 n’est pas une apologie, mais un exemple qui continue 1 Co 8. Et par rapport à la progression argumentative en 8, 1 – 11, 1, Paul utilise le modèle argumentatif hellénistique du λόγος προτρεπτικός doublé du modèle exemplaire.

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